AMOS : une entreprise collaboratrice de OIP-Elbit ciblée

AMOS : une entreprise collaboratrice de OIP-Elbit ciblée

Dans la nuit du 1 au 2 mars, AMOS, entreprise collaboratrice de OIP et spécialisée dans la fabrication de composants de matériel de surveillance spatiale a été ciblée par la riposte populaire. 

Malgré le prétendu cessez-le-feu, le génocide en Palestine est toujours en cours. Les bombardements quotidiens et l'accélération de l'annexion de la Cisjordanie, représentent des réalités tragiques visibles chaque jour. Depuis le début du mois de février, Israël étend son emprise coloniale en contrôlant, occupant, harcelant et tuant en Cisjordanie, jusque dans les zones sous contrôle de l'Autorité palestinienne. Cependant, les violences subies par les Palestinien.ne.s sont constamment minimisées ou ignorées par les grands médias, en raison de leur biais réactionnaire ou par simple indifférence.

L’agenda médiatique est largement déterminé par des forces politiques qui cherchent à minimiser la gravité des événements, par soutien à un gouvernement israëlien avec lequel elles partagent un agenda colonial et fasciste. Ce silence où, à l'inverse, ce bruit de désinformation continu, rend difficile pour le public de saisir la réalité des atrocités en cours. Il semble plus évident de faire une minute de silence pour la mort d'un fasciste que pour les 72 000 Palestinien.ne.s tué.e.s lors de ce génocide. Cette situation souligne une nouvelle fois la hiérarchisation des vies humaines grâce à laquelle des génocides sont commis. Ce climat de confusion permet aux gouvernements et aux entreprises alignées avec Israël de continuer à agir sans jamais être tenus pour responsables.

Parallèlement, cette réalité profite à des entreprises comme Elbit Systems, qui sont au cœur du complexe militaro-industriel israëlien. L'entreprise israélienne Elbit est un pilier de l'occupation coloniale de la Palestine, produisant des drones utilisés pour surveiller et assassiner les Palestinien.ne.s, contribuant à l'équipement du mur d'apartheid en Cisjordanie et fournissant des matériels militaires aux colonies israéliennes, tout en testant ses armes sur la population palestinienne avant de les commercialiser comme « combat proven » sur le marché international.

Cette société ne se contente pas de tirer profit de la guerre ; elles renforce également l'infrastructure de l'oppression coloniale, notamment par le biais de leur filiale OIP présente en Belgique. Leur rôle dans ce génocide doit être activement dénoncé et combattu.

Ces entreprises prospèrent grâce aux contrats, aux investissements internationaux et aux partenariats avec d'autres exploitants du marché de la guerre. Or, soyons clairs, travailler pour ou en collaboration avec Elbit Systems c'est soutenir activement ses activités. Il est essentiel de mettre en lumière et de responsabiliser toute la chaîne économique et productive permettant et fluidifiant ces meurtres de masse.

Face aux entités qui profitent et facilitent les bénéfices du complexe militaro-industriel génocidaire, un appel urgent à une riposte populaire s'impose. Les gouvernements indifférents et les entreprises complices doivent être mis sous pression : chaque instant nous plonge davantage dans l'horreur, il est donc crucial d'unir nos forces pour agir. Alors qu’un génocide colonial se déroule sous nos yeux, et que le « réarmement » et l'économie de l'armement dominent l'agenda, notre front s'engage à organiser la résistance. Il est temps de transformer notre indignation en action collective, pour stopper la spirale de violence et d’oppression. 

Nous apportons notre soutien à toutes les luttes populaires dans le monde qui s'opposent au génocide. Nous affirmons notre solidarité avec la lutte armée du peuple palestinien. De notre coté, nous poursuivons la riposte populaire en Belgique, en nous inscrivant dans la continuité d'actions contre Sciensqo et OIP en juin, les mobilisations à la Bourse, les tags sur les ambassades et l'action, les occupations étudiantes... Nous ne nous arrêterons pas. Malgré la complicité de l'État belge à protéger les intérêts de l'État génocidaire, nous agissons. Nous sommes les grains de sables qui tentons d'enrayer la machine économico-militaire qui rend le génocide possible.

AMOS est une entreprise nichée dans le parc scientifique de Liège. Elle conceptualise et produit de l'équipement optique et mécanique de haute précision pour le secteur spatio-industriel depuis plusieurs dizaines d'années. Confortablement installée dans le secteur spatial belge, AMOS promeut explicitement ses partenariats avec les acteurs du marché de la guerre, dont OIP. Leur message commercial transpire d'un cynisme glaçant, assurant "d'accompagner leurs clients jusqu'au bout de leurs objectifs avec une grande attention pour l'environnement dans lequel nous évoluons." En 2025, seules 1,5% des terres agricoles gazaouies sont encore exploitables pour un usage fermier. Les terres sont brûlées, les vies détruites et l'histoire contaminée par ceux qui manufacturent ces violences à leur profit. 

En 2020, deux contrats distincts ont été signés entre OIP et AMOS les projets 'ALTIUS' (février 2020) et 'Cloud Imager' (décembre 2020). C'est au sein du programme Copernicus pour lequel le 'Cloud Imager' sera livré, que Thales assurera la position de maître d'oeuvre dudit projet, démontrant qu'un énième collaborateur génocidaire n'est pas un problème pour AMOS. Dans un communiqué de presse publié le 27/02/2020 lors de la signature du premier contrat rendu publique, le directeur commercial en charge explique que l'entreprise est fière de collaborer avec OIP devenu "client récurrent d'AMOS". Cette déclaration suggère que leur relation dépasse largement les six dernières années. On sait par ailleurs que les deux entreprises sont souvent mandatées ensembles par l'ESA (European Space Agency) sur divers projets du même domaine. 

Le secteur de la recherche spatiale se proclame comme étant de "science pure" alors qu'une partie importante de ses activitées alimentent directement les systèmes de surveillance, de ciblage, et d'intelligence militaire. Capteurs optiques haute résolution, imageurs hyperspectraux, caméras miniaturisées et suiveurs d'étoiles : ces technologies fabriquées par la Belgique pour des satellites sont identiques aux technologies utilisées par les militaires pour identifier leurs cibles, surveiller les frontières et guider des missiles. 

Suivant les usages les noms diffèrent : "Observation terrestre" ou "Imagerie scientifique" selon les agences spatiales, mais "ISR" (Intelligence, Surveillance, Reconaissance) selon les ministères de défense. Mais le materiel est identique, les chaînes de ravitaillement entremêlées et la recherche fréquemment co-financée par les mêmes gouvernements qui arment les conflits d'ailleurs. 

Ceci est la vérité silencieuse derrière le rêve occidental de "L'Espace". La recherche scientifique spatiale repose sur la même base industrielle qui alimente les guerres, l'occupation et les meurtres de masse. La Belgique est partie prenante dans cette industrie, en jouant un rôle central qui permet à l'UE de developper ces programmes technologiques à double usage, entretenant les infrastructures qui permettent de tout voir à tout instant pour mieux tuer et détruire.

Dans la nuit du 1 au 2 mars, nous avons ciblé les locaux de l'entreprise AMOS à Liège. Depuis le coeur de l'impérialisme nous soutenons, par ces gestes, la résistance palestinienne. Une demande de rendre des comptes pour facilitation d'un génocide est lancée. Les facades des locaux d'Amos à Liège ont été couvertes de messages («OIP, ELBIT, AMOS, GENOCIDE», «Double usage = Sabotage», «Free Palestine»), la porte d'entrée et de nombreuses vitres ont été brisés et des espaces de bureaux ont été aspergés à la peinture rouge. Par ailleurs, du contenu autour de l'action a été publiée sur les réseaux sociaux du collectif 'Stop Arming Israel Belgium'. 

Cette action dénonce la complicité de AMOS ainsi que toutes les entreprises du monde entier, qui alimentent les activités d'Elbit et tirent indirectement profit du génocide en Palestine et ailleurs. Agissant comme un rappel de ne pas fermer les yeux, cet acte de riposte n'est que poussière face à la violence subie chaque jour envers le peuple palestinien international, orchestrée par nos gouvernements et ses acteurs technologiques. Continuer à agir face à la répression est un choix. L'auto-défense face à un génocide est un droit. 

Nous devons résister fermement aux entreprises qui collaborent avec Elbit et exiger qu'Elbit soit expulsé de Belgique, car leur complicité ne peut plus être tolérée. Toutes les entreprises ayant des liens avec Elbit ou ses filiales seront contraintes de rendre des comptes, car nous n'accepterons plus aucune collaboration avec cette entreprise génocidaire. À qui le tour ?

Sources :